Cas Vervoort prêt pour les Championnats du Monde de Powerlifting : « J’aime quand il y a du défi »

Pour Cas Vervoort, 21 ans, le powerlifting n’est pas un simple passe-temps, c’est une véritable passion. Après un Euro mouvementé l’an dernier — qui est littéralement tombé à l’eau à cause d’une intoxication alimentaire — le junior belge jette désormais son dévolu sur les Championnats du monde de Powerlifting en Afrique du Sud. Malgré un emploi du temps hyper chargé entre ses études, son travail et une légère blessure au coude, c’est armé d’une confiance en soi en béton qu’il s’envole pour la redoutable catégorie des -120 kg. Rencontre autour des sacrifices, de la saine rivalité et du rêve de défendre un jour les couleurs de la Belgique aux World Games.

J’espère que tout va bien pour toi. J’étais curieux de savoir comment se passe la préparation pour les Championnats du Monde Juniors en Afrique du Sud. Est-ce que tout est sur les rails et comment te sens-tu à l’approche de la compétition ?

Cas Vervoort : « Cette préparation pour les Mondiaux est la meilleure que j’aie jamais eue ! Le squat et le deadlift sont totalement dans les temps. J’ai déjà scratché de super records personnels (PR), et ce malgré une petite pointe au coude. Le développé couché (bench press) n’est pas encore tout à fait là où il devrait être, en partie parce qu’avec mon coach Maxim, on a pas mâtiné le programme, mais heureusement on a retrouvé le bon groove. J’espère donc claquer un nouveau PR d’ici peu ! »

La catégorie des -120 kg est devenue incroyablement compétitive ces dernières années. Quel regard portes-tu sur ta propre progression au sein de cette catégorie ? Te vois-tu continuer à évoluer dans les années à venir et quels sont tes objectifs ?

« C’est vrai que le niveau explose dans cette catégorie, aussi bien en Belgique qu’à l’international. Il y a des vétérans comme Olivier et Jochen, mais aussi pas mal de juniors qui montent et des gars des -105 kg qui décident de monter de catégorie. »

« Ça va devenir l’une des catégories les plus disputées en Belgique, mais franchement, j’adore quand il y a du défi. Évidemment, je veux progresser. Pour l’instant, il y a encore un fossé entre le sommet de la catégorie Open et moi, mais mon but cette année est de réduire l’écart un maximum pour qu’ils gardent un œil sur moi l’an prochain ! »

Je me demandais aussi comment tu vivais les déplacements pour les compétitions internationales. Est-ce qu’un voyage si lointain est quelque chose que tu attends avec impatience, ou cela apporte-t-il des défis supplémentaires ?

« Ce sera le plus grand voyage de ma vie, ce qui est déjà super excitant en soi. Bien sûr, il y a des facteurs comme le décalage horaire ou les variations de température qui peuvent jouer sur la performance, mais pour être honnête, je ne stresse pas trop. J’ai surtout super hâte de tout donner au plus haut niveau ! »

Avec le recul, quel bilan tires-tu de tes expériences à la Benelux Cup et à l’Euro Juniors ? Qu’est-ce qui t’a le plus marqué lors de ces tournois ?

« C’est la Benelux Cup qui reste mon meilleur souvenir, car c’était ma première compétition internationale. C’était ma première prépa sans aucune douleur au bas du dos, alors que cette blessure m’avait pourri la vie et ruiné mes entraînements les mois précédents. Ça m’a reboosté à fond. »

« L’Euro, par contre… La veille de passer sur le plateau, j’ai chopé une intoxication alimentaire avec la nourriture locale. J’ai perdu 3 kilos en une seule journée. Résultat : je n’ai pas atteint les objectifs que je m’étais fixés, et j’ai eu l’impression de décevoir mon entourage. »

Et comment se passent les échanges avec les athlètes des autres pays ? Est-ce que des amitiés se créent ou est-ce que chacun reste focus sur sa compétition ?

« Tout le monde est super sympa sur les compètes internationales. En tant que lifter, j’ai rencontré quelques personnes avec qui je garde contact régulièrement. Mais ce que je préfère dans ces événements, c’est le traditionnel échange de t-shirts ! Après, ça se passe généralement après la compétition ; pendant, je suis beaucoup trop focus pour penser à autre chose. »

Pour finir, quelques questions sur toi en tant qu’athlète. Quel mouvement (squat, bench ou deadlift) te procure le plus de satisfaction personnelle, et pourquoi ?

« Ça varie d’une période à l’autre, mais celui que j’attends toujours avec le plus d’impatience, c’est le deadlift (soulevé de terre). Pas besoin de réfléchir, tu donnes juste tout ce que tu as dans le réservoir ! »

Comment gères-tu la pression mentale et les attentes liées à un grand rendez-vous comme des Championnats du Monde ?

« Honnêtement ? Je ne suis pas de nature très stressée. J’ai l’impression que trop de lifters se fixent des attentes irréalistes à court terme, ce qui ne fait que générer du stress inutile. Je suis très compétiteur et j’ai des objectifs précis, mais ils s’inscrivent plutôt sur le long terme. Pour ma part, le stress de la compétition ne monte que le jour J ! »

Y a-t-il une compétition spécifique of un athlète qui t’inspire à te dépasser au quotidien ?

« Mon rêve absolu serait de participer un jour aux World Games et d’y représenter la Belgique. Ce serait le plus grand des honneurs. En Belgique, des lifters comme mon rival Olivier m’inspirent énormément : sa capacité à revenir au sommet après autant de coups durs me motive chaque jour à devenir meilleur. Mes amis et ma petite amie, qui bossent dur au quotidien pour devenir la meilleure version d’eux-mêmes, sont aussi une énorme source de motivation. »

Justement, quels sacrifices as-tu dû consentir pour atteindre ce niveau ?

« En tant qu’étudiant, cette année a été un vrai casse-tête chinois pour jongler entre le boulot, les études et le sport de haut niveau. Pratiquement tout mon temps libre passait dans mes entraînements et mes obligations pro, au point que j’avais parfois l’impression de délaisser ou de ne pas accorder assez d’attention aux gens qui comptent pour moi. »

« Surtout pendant les longues journées de stage en kiné, où on enchaîne souvent de 8h à 20h ; c’était un sacré défi de tout caler. À cause de cet emploi du temps ultra chargé, combiné au voyage pour l’Euro l’an dernier, j’ai souvent pris du retard par rapport aux autres étudiants et je devais constamment trimer pour rattraper le coup. »

Qu’est-ce qui te pousse à continuer à t’entraîner jour après jour au plus haut niveau ?

« Le soutien de mes amis et de ma famille est primordial, surtout celui de ma copine qui partage la même passion et que je vois faire les mêmes sacrifices. La rivalité avec mes partenaires d’entraînement joue aussi un grand rôle : on essaie toujours de se dépasser à chaque exercice, de gratter ce petit kilo de plus ou de chercher la rep supplémentaire. C’est vraiment ça qui me pousse à me dépouiller à chaque entraînement. »

Un grand bon courage pour les derniers réglages. On te souhaite des Championnats du Monde fantastiques ! 💪🌍

 

Passeport du lifter Cas Vervoort

  • Nom : Cas Vervoort
  • Âge : 23 ans
  • Taille : 187 cm
  • Expérience : 3 ans et demi de powerlifting (actif en salle de sport depuis ses 14 ans)
  • Études : Étudiant en kinésithérapie à la KU Leuven
  • Ville d’origine : Wiekevorst, Heist-op-den-Berg
  • Discipline : Powerlifting (Squat, Bench press, Deadlift)
  • Catégorie : -120 kg (Juniors)
  • Records personnels (PR)
    S (Squat) : 313 kg
    B (Bench press) : 187,5 kg
    D (Deadlift) : 342,5 kg

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